Connaissez-vous Vengez Vicky ?
Publié aux éditions Slatkine, Venger Vicky, le thriller de Catherine Rolland, nous plonge dans une histoire où la douleur, la culpabilité, les rêves brisés et les choix impossibles occupent une place centrale.
Mais aujourd'hui, je ne vais pas vous en parler uniquement en tant que lectrice. Je vais surtout vous en parler en tant que comédienne voix off, et en tant que personne ayant participé à la réalisation de sa version audio.
Parce que ce livre, croyez-moi, ne m'a pas laissée indifférente.
Trois voix, trois regards sur une même tragédie
Il y a quelque chose qui m'a particulièrement marquée lors de l'enregistrement et du montage de ce livre audio : sa construction autour de trois narrations distinctes.
Trois personnages, trois façons de ressentir les événements et trois regards sur une tragédie qui a bouleversé toute une famille.
Céline, une mère rongée par la culpabilité
Céline est une femme qui porte sur ses épaules un poids immense : celui de ne pas avoir pu protéger sa fille.
À cette douleur s'ajoute une culpabilité profondément ancrée, celle de ne pas avoir été la mère parfaite que sa propre mère lui répétait sans cesse qu'elle devait être.
Elle souffre également de la distance qui s'est installée entre elle et son mari, Guillaume. Deux êtres qui traversent une même tragédie, mais qui ne parviennent plus à se rejoindre dans leur souffrance.
Et au milieu de tout cela, il y a Lucas, leur deuxième enfant.
Pour Céline, le protéger devient une nécessité absolue. Elle veut lui épargner la douleur, le danger, et peut-être même la vie elle-même dans ce qu'elle peut avoir de plus cruel.
Une mère qui tente de maintenir debout ce qui reste de sa famille, alors qu'elle-même menace de s'effondrer.
Guillaume, un père face à l'impossible
Guillaume est médecin urgentiste.
Un homme dont le métier consiste à sauver des vies, à prendre des décisions rapides, parfois terribles, et à garder la tête froide lorsque tout semble basculer.
Mais depuis le drame qui a frappé sa famille, Guillaume s'est réfugié dans le travail.
Son traumatisme l'a profondément changé. Il est devenu difficile à vivre, parfois même exécrable. Ses collègues font preuve d'une grande retenue à son égard, conscients de la souffrance qu'il porte.
Pourtant, cette compréhension ne suffit pas à effacer les conséquences de son comportement.
Et puis vient cette question terrible :
Que se passe-t-il lorsqu'un homme dont le devoir est de sauver des vies se retrouve confronté à un choix entre son serment de médecin et son amour de père ?
C'est précisément cette confrontation qui rend Guillaume si intéressant et si humain.
Car derrière ses réactions parfois insupportables, il y a avant tout un homme qui ne sait plus comment vivre avec ce qu'il a perdu.
Vicky, une petite fille et un rêve immense
Et enfin, il y a Vicky.
Cette petite fille que nous découvrons à trois ans, lorsqu'elle tombe amoureuse du patinage artistique.
Un émerveillement d'enfant, une passion qui naît presque innocemment et qui, au fil des années, devient une véritable raison de vivre.
Nous la suivons pendant son enfance, à l'école primaire, puis à l'adolescence et jusqu'aux portes de sa vie de jeune femme.
Nous découvrons avec elle la beauté du patinage artistique, mais également la dureté de ce sport. Les entraînements, les exigences, les sacrifices, la compétition et cette volonté farouche de progresser.
Avec, au bout du chemin, un rêve : participer aux Jeux olympiques sous les couleurs de l'équipe nationale suisse.
Et puis, tout bascule.
Je ne vous en dirai pas davantage sur les événements qui viennent bouleverser son existence.
Mais une chose est certaine : Catherine Rolland ne nous épargne pas les émotions.
Donner une voix à Vicky : mon plus grand défi émotionnel
Si vous me demandiez lequel de ces trois personnages m'a demandé le plus d'efforts émotionnels pendant l'enregistrement, je vous répondrais sans la moindre hésitation : Vicky.
Pourquoi ?
Parce que j'ai dû grandir avec elle.
Je l'ai découverte à trois ans, avec son regard émerveillé sur le patinage artistique, cette petite fille qui décide, avec toute la détermination et l'innocence de son âge, qu'elle aussi, un jour, elle patinera.
Puis je l'ai accompagnée à l'école primaire, à l'adolescence, et enfin à l'aube de sa vie d'adulte.
Et à chaque étape, il fallait adapter ma voix.
Pas simplement la rendre plus grave ou plus mature. Il fallait faire évoluer sa manière de parler, son assurance, ses émotions, tout en conservant cette petite étincelle qui faisait d'elle Vicky.
Cette passion qui l'anime depuis l'enfance, ce rêve qui grandit avec elle et cette détermination qui semble capable de lui faire franchir toutes les difficultés.
Jusqu'au jour où le drame survient.
Je ne vous révélerai pas ce qui lui arrive. Ce serait vous priver d'une partie essentielle de votre découverte du roman.
Mais il y a quelque chose de particulièrement déchirant dans la façon dont Catherine Rolland décrit la souffrance de cette jeune fille.
Vicky voudrait parler.
Elle voudrait que ses parents comprennent que quelque chose ne va pas. Qu'ils remarquent son mal-être, qu'ils posent les bonnes questions, qu'ils devinent ce qu'elle n'arrive pas à leur confier.
Mais comment pourraient-ils savoir ?
Ils ne sont pas dans sa tête. Ils ne peuvent pas entendre les pensées qu'elle garde enfermées derrière son silence.
Et c'est peut-être cela qui m'a le plus bouleversée : cette solitude intérieure, cette souffrance qui grandit alors que les mots restent prisonniers.
Au milieu de ce chaos, Vicky tente de s'accrocher à ce qui lui reste : son rêve olympique.
Ce rêve qui, depuis l'enfance, lui donne une direction, une raison de continuer et l'espoir qu'un avenir l'attend quelque part.
Jusqu'au moment où même cet espoir semble lui être arraché.
Et là, tout s'effondre.
Comment interpréter un tel désespoir ?
Comment passer de l'émerveillement d'une enfant de trois ans à la détresse d'une jeune femme qui ne parvient plus à imaginer un avenir ?
Comment faire entendre cette douleur sans tomber dans l'exagération ?
C'est ce qui a rendu l'interprétation de Vicky si éprouvante pour moi.
Parce que le rôle d'une comédienne voix off n'est pas de surjouer la souffrance pour arracher des larmes à l'auditeur.
C'est de trouver cette justesse, cette sincérité qui permet à une émotion d'exister sans jamais trahir le personnage.
Et je peux vous assurer que certaines scènes ne m'ont pas quittée immédiatement une fois le micro éteint.
Le livre audio : une autre façon de vivre l'histoire
Pour cette adaptation audio, j'ai partagé la narration avec Samy Sadeg.
La présence de deux interprètes, associée aux trois regards qui composent le roman, apporte une dimension particulière à cette histoire.
Le travail de la voix est parfois délicat dans ce genre de récit. Il faut respecter les différences entre les personnages, leurs blessures, leurs silences, mais également les nuances d'une émotion qui ne s'exprime pas toujours ouvertement.
Il y a des passages où une simple hésitation, une respiration ou quelques secondes de retenue peuvent raconter bien davantage qu'un long sanglot.
C'est également cela que j'aime dans mon métier.
L'enregistrement ne consiste pas simplement à poser une voix sur des mots. Il s'agit de comprendre ce que l'auteur souhaite transmettre, de respecter son univers et de faire vivre ses personnages dans l'imaginaire de celles et ceux qui nous écoutent.
Et lorsqu'on participe également au montage et à la production audio, on retrouve ces émotions sous un autre angle, avec cette fois la responsabilité de construire une écoute fluide et cohérente.
C'est un travail passionnant, exigeant et parfois émotionnellement intense.
Mais après tout, si je n'aimais pas donner vie aux histoires, je n'aurais probablement pas choisi ce métier !
Catherine Rolland… encore elle !
Catherine Rolland, je vous en ai déjà parlé sur ce blog.
Et quelque chose me dit que ce n'est pas près de s'arrêter !
Il faut dire que plusieurs de ses titres figurent déjà au catalogue de Studio Calu Records.
Et franchement, comment voulez-vous que je m'arrête ?
À chaque nouvel univers que je découvre sous sa plume, je retrouve cette capacité à me surprendre, à m'émouvoir et à me plonger dans la vie de personnages qui finissent par prendre une place bien particulière dans mon imaginaire.
Ses histoires peuvent être sombres, bouleversantes, parfois difficiles, mais elles possèdent cette qualité que j'apprécie énormément : elles ne me laissent jamais indifférente.
Et pour une comédienne qui a le privilège de leur donner une voix, c'est un véritable bonheur.
Alors oui, vous risquez fort de retrouver Catherine Rolland dans de prochains articles.
Et entre nous…
Sa plume continue de m'émerveiller à chaque nouvelle découverte.
Mais surtout, ne le lui dites pas !
Je tiens encore un peu à ma réputation. 😉
Envie de découvrir Venger Vicky ?
Venger Vicky, de Catherine Rolland, est publié aux éditions Slatkine.
Retrouvez également son adaptation en livre audio, interprétée par Claudine Abdelkader et Samy Sadeg, pour découvrir cette histoire autrement, à travers les voix et les émotions de ses personnages.
Bonne écoute et, surtout, prenez soin de vous !
Claudine — Studio Calu Records
Ajouter un commentaire
Commentaires